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L’ABRI DU ROC AUX SORCIERS Angles-sur-l'Anglin (Vienne) présentation du site Cave Taillebourg > Abri Bourdois |
Dans cette région de l’abri,
la paroi verticale du fond de l’abri est ornée d’une frise sculptée
sur une quinzaine de mètres. Considérée d’aval en amont, cette frise débute par un couple de bisons sculptés en faible relief. La femelle suit le mâle. Le second panneau comporte deux chevaux. Il est probable qu’il s’agit d’un mâle et d’une femelle. L’animal considéré comme étant la femelle a la tête tournée vers le mâle. Ce dernier, la bouche ouverte sur des dents bien figurées semble flairer le sol. Le troisième panneau, dit panneau des Vénus, est composé de trois représentations de corps féminins. Ces sculptures ont été réalisées, en partie, aux dépens de figurations de bisons antérieurement exécutées. Ces trois corps sont limités à la représentation de l’abdomen et des cuisses. La première sculpture, celle de gauche, correspondrait à une femme non gravide ; la femme du centre présente les caractères de la grossesse avec, en particulier, la forme élevée de l'abdomen ; la troisième femme, sculptée aux dépens des bisons, affecte une forme générale dépressive et peut figurer une femme dans un état postérieur à l’accouchement. Vient ensuite un important ensemble de trois panneaux consacrés aux bouquetins (fig. 1). En haut, à droite, se trouve un bouquetin mâle face à un autre, interprété comme un autre mâle. On peut donc avoir affaire à une scène d'affrontement correspondant à la phase du rut - unique moment de regroupement des mâles et des femelles chez les bouquetins, les hardes vivant séparément le reste du temps. Au-dessous, on voit une chèvre et son petit. Occupant le cinquième panneau, une des plus remarquables sculptures du Roc aux Sorciers consiste en un magnifique bouquetin mâle isolé. Il peut s'agir de la représentation d'un vieux mâle solitaire ou du mâle dominant. Le corps massif de l’animal est souligné par l’effet plastique des surfaces, traduisant toute sa puissance. La langue est sortie, ce qui correspond à un comportement caractéristique des bouquetins mâles, surtout au moment du rut. En registre inférieur, se trouvent des gravures et des sculptures en très faible relief. A gauche, on peut observer un cheval broutant et deux animaux indéterminés. A droite, on voit un félin traité corps entier. Le dernier panneau montre un couple de bouquetins, un mâle suivant une femelle, illustrant une phase préalable à l’accouplement. La qualité d’exécution de la tête de la femelle, découverte dans la couche préhistorique, est exceptionnelle(fig. 2). Au-dessous, en registre inférieur, se trouvent de nombreuses figurations. A gauche, se trouvent des gravures représentant des rennes, un cheval, un très jeune animal et une tête humaine, à mi-chemin entre gravure et sculpture. A droite, de part et d’autre d’une profonde fissure, une tête de félin fait face à une tête de petit capridé Des traces de peintures ont été observées au moment de la découverte. Il est cependant impossible de savoir si la frise était peinte. Fiché dans les niveaux du Magdalénien moyen de l’abri Bourdois, dressé debout, se trouvait un polypier fossile gravé dont les formes naturelles évoquent irrésistiblement une tête humaine (fig. 3). Non loin de cette pièce se trouvaient des ossements humains. La gravure, qui souligne les formes naturelles, n’a été utilisée que pour figurer une bouche et deux yeux vides sans pupilles. Contrairement aux autres figurations humaines du site (une vingtaine) ou aux oeuvres de La Marche, il ne peut s’agir de la représentation d’un personnage au sens du portrait ; cette tête a l’apparence de la mort. De telles figurations, gravées sur un support naturel évoquant une tête humaine, sont assez répandues dans l’art paléolithique. |