LE SITE DU ROC DE SERS
Sers (Charente)
Le site du Roc de Sers (fig. 1)se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud-est d’Angoulême. Il s’agit d’un abri effondré dont les parois furent ornées à l’époque solutréenne. Les recherches les plus importantes furent menées par L. Henri-Martin de 1909 à 1929 ; recherches complétées, en 1951, par G. Henri-Martin et R. Lantier. Une date donne un âge de 19230 B.P.

Les techniques utilisées par les artistes solutréens du Roc de Sers furent la sculpture et, accessoirement, la gravure. Il s’agit d’un art réaliste, utilisant toutefois un procédé emphatique dans le traitement des proportions, mettant en évidence la puissance des animaux, en exagérant certains de leurs caractères. Certains effets de représentation de trois-quarts sont parfois utilisés. Le réalisme concerne également le traitement du mouvement. Plusieurs espèces animales sont figurées : le bouquetin, le bison, le bœuf musqué, le renne, le cheval, le sanglier, l’oiseau. L’homme est également présent.

Un sanglier possède un corps rappelant celui d’un boviné (fig. 2). Plusieurs auteurs y voient un animal composite. Cependant, la possibilité d’une représentation homogène n’est pas à exclure. Les proportions, bien qu’inexactes, ne sont pas particulièrement aberrantes si l’on considère un sujet âgé, mâle ou femelle. Les membres sont courts comme ceux des sangliers. L’abdomen, volumineux, présente un bourrelet sur toute sa longueur pouvant figurer les entrailles ou une rangée de mamelles, bien que celles-ci ne soient pas individualisées.

La frise du Roc-de-Sers, à laquelle manquent des éléments, appartient au Solutréen supérieur dont elle constitue le plus grand ensemble sculpté connu à ce jour. Le thème central semble lié, d’une façon générale, à la dominance : représentation de l’animal dominant, affrontements pour la domination et pour la défense des territoires.