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Un grand nombre d’hôtels
de ville et de mairies, mais aussi de palais de justice, de tribunaux ou
d’écoles, possèdent un buste de la République que
l’on appelle Marianne, un prénom populaire à la fin
de l’Ancien Régime ; ces oeuvres incarnent la mère-patrie
et l’idéal républicain : « Liberté, Egalité,
Fraternité ».
Les citoyens ne savent généralement
pas que la présence d’un buste de la République dans une
mairie n’est pas obligatoire ; significative des tendances de la municipalité
entre 1870 et 1880, cette présence est devenue courante depuis 1885.
Elle n’en est pas moins très variable selon les cantons. Rare dans
tel d’entre eux, elle peut se rencontrer dans beaucoup de mairies d’un
autre canton.
Plusieurs lois et décrets importants ont favorisé sa diffusion
:
-
en 1880, celle de célébrer
pour la première fois le 14 juillet ;
-
en 1882, celle de faire élire
le maire par le conseil municipal au lieu que ce soit le préfet
qui le désigne ;
-
en 1884, celle de rendre obligatoire
pour toute commune la possession d’une mairie, siège de l’institution
qui devait prendre de plus en plus d’importance dans la vie des citoyens.
L’installation progressive dans
les maisons communes d’images de la République prenant la forme
d’une femme a d’abord été une simple coutume, qui, à
la suite de la conquête des mairies par les républicains,
s’est étendue peu à peu, par un mouvement social et culturel
ample, divers et fort.
Marianne a inspiré
un grand nombre d’artistes, les uns de réputation nationale, dont
les oeuvres sont largement diffusées sur tout le territoire, les
autres, sculpteurs régionaux ou locaux, qui ont parfois conçu
des modèles fort originaux. Les uns comme les autres se sont exprimés
dans les matériaux les plus divers : plâtre, bois, fonte,
bronze, biscuit (porcelaine blanche non émaillée, cuite au
four), terre cuite, etc. Plusieurs centaines de modèles ont ainsi
pu être répertoriés, parmi lesquels les plus diffusés
ont été reproduits en plusieurs dimensions. De nombreux modèles
sont encore non identifés.
Les Marianne antérieures
à 1870 sont rares et méritent d’être signalées
et étudiées (dans le département du Rhône, on
n’a retrouvé que cinq modèles de la Première République
et deux de la Seconde).
Types de bustes de Marianne les plus fréquemment rencontrés
:
-
Avec une couronne (d’épis
de blé, de laurier ou de chêne, avec ou sans étoile),
-
Avec un bonnet phrygien (connotation
populaire mais pas forcément révolutionnaire), symbole de
la Liberté — ce fut la coiffure des esclaves affranchis dans l’Antiquité,
puis celle des marins et des galériens de la Méditerranée
—, puis de la République.
Par la suite, on a forcé
sur le didactisme en multipliant les inscriptions (Patrie, Concorde, R.F.)
et les attributs symboliques (faisceaux, cocarde, sein nourricier, écharpe,
balance, triangle, armure, lion, gorgone, etc.), et, plus récemment,
il est souvent arrivé que l’on prête à Marianne les
traits de personnalités célèbres, d’actrices (Brigitte
Bardot, Catherine Deneuve), etc. |