La forte vocation agricole du département a orienté son activité industrielle vers la transformation des produits de l'agriculture. Plus du tiers des usines étudiées concerne ainsi le secteur agroalimentaire.
Les autres secteurs, que l'on a choisi de regrouper ici selon la classification retenue par l'Insee, sont toutefois bien représentés, notamment celui des produits minéraux.
Les moulins à blé, très nombreux dans le département, ont été modernisés et transformés en minoteries par l’installation de machines à cylindres.
Cet équipement s’est effectué autant dans le dernier quart du XIXe siècle que dans le premier quart du XXe.
A l’exclusion de deux d’entre elles, les cinquante minoteries étudiées étaient mues par l’énergie hydraulique et, par conséquent, installées sur une voie d’eau.
Les capacités accrues de mouture au cours du XXe siècle expliquent la fermeture des plus petits établissements et l’expansion des plus grands ; moins d’une dizaine d’entre eux seulement fonctionnent encore de nos jours.
Cinquante laiteries industrielles ont été
étudiées sur les quatre-vingt-quatre qui ont fonctionné dans le département.
Leur développement est la conséquence de la crise du phylloxéra qui détruisit tous les vignobles des Charentes et du sud du département entre 1870 et 1880. En quelques années, tous les cantons du sud-ouest furent dotés d’une ou de plusieurs laiteries ; près de 70 % des établissements étudiés ont été créés entre1890 et 1900, les autres l’ont été durant le premier quart du XXe siècle.
Cette dynamique s’explique par la force du mouvement coopératif : près de quatre établissements sur cinq étaient des établissements coopératifs.
Dans les années 1900, le territoire se partageait entre une zone de laiteries, assez peu nombreuses et industrielles, dans la moitié nord, et une zone de forte densité de laiteries coopératives dans la moitié sud. Pour tenir leur place dans le commerce national et européen, les coopératives ont dû très tôt s’unir et se spécialiser par type de produits au sein d’unions et de groupements. Quant aux établissements non coopératifs, ils ne sont plus que quelques-uns en activité.
Dans les années 1850-1860, à proximité de Niort, fut expérimentée « une agriculture industrielle » de la betterave. Treize « distilleries agricoles » d’alcool de betterave ont été
étudiées sur la vingtaine qui a été créée. Toutes se situent dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres au sud et à l’est de Niort, dans la plaine favorable à cette culture.
Leur création est le fait de grands propriétaires, d’investisseurs ou d’hommes désireux d’améliorer l’agriculture et le sort des habitants de la campagne. Cette culture améliorait le revenu de l’agriculteur, dans la mesure où il pouvait récupérer les résidus de la distillation, ou pulpes, pour engraisser son bétail.
Ces diverses entreprises, qui travaillaient de façon saisonnière, ont fermé les unes après les autres, parfois quelques années seulement après leur création. Cette activité, très lucrative lors de ses débuts, n’a pas pu concurrencer les produits fabriqués dans les régions de grande culture betteravière.
L’usine chimique Rhodia à Saint-Léger-de-la-Martinière trouve son origine dans la création d’une distillerie d’alcool de betterave en 1872 par le fils de l’industriel Jean-François Cail.
La grande époque de la fabrication de la chaux se situe dans le troisième quart du XIXe siècle. De nouveaux procédés d’amendements agricoles entraînent en effet la création de nombreuses usines de chaux dans la zone calcaire à la marge de la Gâtine, dans les cantons de Coulonges-sur-l’Autize, Champdeniers, Saint-Loup, Airvault et Thouars, à partir des années 1860.
Ces activités sont en revanche peu représentées au XXe siècle, en raison de la concurrence des engrais chimiques. Actuellement, la Société Labasse et fils de Nanteuil et la cimenterie Calcia d’Airvault témoignent seules de cette activité, mais la seconde, créée dans les années 1920 pour la fabrication de chaux, s’est vite tournée vers la production de ciment en connaissant un remarquable développement.
Les tuileries et les briqueteries se sont implantées partout où l’argile était présente, mais un très faible nombre d’entre elles se sont mécanisées, et l’étude n’a concerné que vingt-quatre d’entre elles.
Parmi elles, deux se sont en revanche transformées en véritables usines : la Tuilerie niortaise à Saint-Hilaire-la-Palud et la briqueterie Ayrault à Châtillon-sur-Thouet, qui disposait, dans les années 1960, de la plus forte unité de fabrication en France.
Il n’existe qu’un seul site houiller dans les Deux-Sèvres, dans la commune de Saint-Laurs, qui correspond à l’extrémité est d’un étroit bassin qui s’étend jusqu’à Cezay en Vendée.
L’exploitation de la concession, attribuée en 1840, cesse en 1915, lorsqu’elle est réunie à sa voisine de Faymoreau (Vendée). Le charbon, d’assez médiocre qualité, est extrait de quatre puits. En raison des difficultés de transport dues à l’absence de voies de communication, une usine d’agglomérés de houille et des usines de chaux sont annexées à l’entreprise afin de créer sur place des débouchés à la production.
branche traditionnellement importante, surtout dans le nord du département, ne compte qu’une vingtaine d’établissements visités ; il ne subsiste rien des autres, fermés depuis fort longtemps.
Les filatures de laine ont compté parmi les premiers établissements industriels du département. Plus tard, ce sont les tissages, usines de confection et bonneteries qui ont animé ce secteur.
secteur notable qui a fait la renommée du chef-lieu du département, regroupe une trentaine d’établissements visités.
Les chamoiseries - où l’on traitait les peaux à l’huile de poisson - et les ganteries étaient exclusivement situées à Niort et dans ses environs proches.
Les tanneries, fort nombreuses au XIXe siècle, sont restées pour la plupart artisanales et ont disparu au début du XXe siècle ; seuls quatre établissements ayant connu un développement industriel ont été
étudiés à Niort, Pathenay, Mauléon et Champdeniers.
Les industries connexes telles que les usines de crins, très dynamiques à Niort dans les années 1860, ont subi la concurrence des pays étrangers qui les ont contraint à fermer.
L’industrie de la chaussure a une représentation non négligeable dans le secteur, notamment à Mauléon, Cerizay et Saint-Maixent.
Le travail du métal – hauts fourneaux, fonderies, usines de construction mécanique et de petite métallurgie – concerne une quinzaine d’usines.
Leur développement débute au XVIIe siècle avec la création de la forge et haut fourneau de La Peyratte, et trouve son épanouissement, de façon régulière, dans la deuxième moitié du XIXe siècle et la première du XXe.
Ce secteur est représenté par quelques grands établissements tels que l’usine de trieurs Marot à Niort, l’entreprise de charpentes métalliques des Ateliers de la Chaînette à Parthenay, ou l’usine de construction automobile Heuliez à Cerizay.