Propriété privée
Inscription au titre des monuments historiques du château et des vestiges de son parc le 30 mars 2009
1 - Elévation sur cour du logis XVIIème, sous toiture mansardée éclairée de cinq lucarnes en travée avec des fenêtres rectangulaires.
2 - Portail d'entrée constitué d'une porte cochère inscrite sous un arc en anse de panier entouré de bossages adoucis, encadrée de pilastres cannelés et sommée d'un entablement avec fronton triangulaire aveugle.
3 - Plan dressé le 5/10/1764 par « Nicolas Antoine, géomètre expert pour Jean Noël ARNAULD, chevalier seigneur de Chesnes, Bouëx, Méré enclave de Garat les Bournis et autres lieux et par lui dédié à très haute et très puissante dame Madame Thérèse Victoire [PULLEU] ».
Clichés B. Montagne, DRAC Poitou-Charentes, 2007.
Attenant à l'église paroissiale, le château appartenait au baron Jean de La Rochefoucauld qui fait don, dès 1452 aux deux frères Jean et Pierre de Livenne en récompense de leurs bons et loyaux services, de tout ce qu'il possédait à Bouëx. Après avoir été détenu par la famille d'Abzac, le château est vendu en 1686 à Jean Arnauld, maire d'Angoulême. Plusieurs propriétaires se succèdent encore jusqu'à la famille Châteaubodeau qui habite actuellement ce château.
Le logis comporte deux parties biens distinctes. Un corps de logis, orienté nord-sud couvert d'un toit aigu en tuile plate, aujourd'hui la partie la plus ancienne datant du XVe siècle, flanqué de deux tours carrées, élevé sur une cave voûtée sans doute contemporaine de l'église du XIIe siècle qui possède un départ de souterrain et deux puits, réserves de vivres. La tour qui est à l'angle sud-ouest renferme un escalier en pierre dont les marches placées en face de chaque porte sont percées d'un trou rond permettant de passer une arquebuse - l'autre tour sur la face Est a été comblée au début du XXe siècle en même temps que l'on décorait les parties sommitales de consoles de mâchicoulis. Cette aile a reçu une extension XVIIe sous toiture en appentis en tuile creuse qui est venue se greffer du côté cour. Elle renferme une ancienne cuisine au sol de galets daté de 1690. A l'ouest, se développe une longue façade de la fin du XVIIe siècle-début XVIIIe, à cinq baies rectangulaires élancées sous un toit de tuiles au brisis percé de lucarnes et dont l'intérieur comporte des boiseries de style Louis XIV. Vers l'ouest, au delà d'un portail au décor classique, des bâtiments de communs, auparavant importants, mais qui tombent aujourd'hui en ruine, forment le troisième côté du quadrilatère. Le domaine comprend aussi une orangerie ruinée, un ancien parc, un bassin.
Cette propriété a quelque notoriété notamment grâce aux propriétaires qui y ont vécu. Elle est le reflet du savoir faire de chaque époque et offre une synthèse architecturale de ce qui peut se faire aussi bien à Paris qu'en Province aux XVe et XVIIe siècles, avec les inéluctables restaurations du début du XXe siècle. Sa partie XVIIe n'est pas sans évoquer le manoir de la Bréchinie (Grassac IMH 3/12/1993) ou celui de la Lèche (Touvre IMH 22/06/1994).